Les transferts d’argent des Africains résistent au Covid-19

Les transferts d’argent des Africains résistent au Covid-19

Le mécanisme de soutien que représente les transferts d’argent vers les pays en développement, notamment à destination de ceux du continent africain, a résisté au Covid-19. Les fonds envoyés par les migrants « sont restés solides en 2020, avec un fléchissement plus faible qu’anticipé », constate la dernière édition de la note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement.

Une « planche de salut pour les populations pauvres »

Les transferts vers les pays à revenu faible et intermédiaire se sont élevés à 540 milliards de dollars en 2020 contre 548 milliards en 2019, soit « à peine 1,6% de moins ». Grâce à l’Egypte, ils ont ainsi augmenté au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (2,3%) pour atteindre environ 56 milliards en 2020 et diminué en Afrique subsaharienne (-12,5%), en grande partie à cause du Nigeria, où ils ont atteint 42 milliards de dollars.

« Alors que (le Covid-19) exerce toujours un effet dévastateur sur les familles du monde entier, les remises migratoires confirment leur rôle de planche de salut pour les populations pauvres et vulnérables », a déclaré Michal Rutkowski, directeur mondial du pôle Protection sociale et emploi de la Banque mondiale, dans un communiqué publié le 12 mai.

Les plans d’aide économique massifs mis en place dans les pays développés, « la généralisation des transactions par voie numérique plutôt qu’en liquide et le recours accru aux canaux formels » ainsi que « les fluctuations cycliques des prix du pétrole et des taux de change » expliquent cette résilience.

Dopés en Egypte, en chute libre au Nigeria

Au nord du continent, la hausse tient aux performances enregistrées en Egypte où les transferts ont « grimpé de 11% » pour atteindre « un niveau record de pratiquement 30 milliards de dollars », note la Banque mondiale. Même scénario au Maroc et en Tunisie, où les envois de fonds ont augmenté respectivement de 6,5% et de 2,5%.

Au sud du Sahara, « l’effondrement de 27,7% des envois de fonds vers le Nigeria, qui représente à lui seul plus de 40% des flux en faveur de la région », est à l’origine de la baisse observée dans la zone qui, sans ce pays, enregistre une hausse de 2,3%. Hausse portée « par le dynamisme des flux vers la Zambie (+37%), le Mozambique (+16%), le Kenya (+9%) et le Ghana (+5%) ».

D’après la Banque mondiale, « la hausse devrait se confirmer » en 2021 « à 2,6%, sous-tendue par une amélioration des perspectives de croissance dans les pays à revenu élevé ». L’institution souligne néanmoins que « les données sur les remises migratoires vers l’Afrique subsaharienne sont rares et peu fiables » et que c’est la région du monde où le coût des envois de fonds demeure le plus « onéreux ».

(Avec AFP)