AUDA-NEPAD : améliorer l’accès à la santé et protéger les économies africaines
AUDA-NEPAD logo

AUDA-NEPAD : améliorer l’accès à la santé et protéger les économies africaines

L’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) lance un plan d’action de réponse à la COVID-19 pour aider les pays africains à améliorer l’accès à des services de santé durables et résistants et à protéger leurs économies.

Dans cet entretien, le Secrétaire exécutif de l’AUDA-NEPAD, Ibrahim Mayaki, évoque la portée de cette initiative. Extraits.

Kingsley Aighobor : En quoi consiste exactement le plan d’action de l’AUDA-NEPAD COVID-19 ?

Ibrahim Mayaki : Le plan d’action AUDA-NEPAD COVID-19 est un plan complet, proactif et multidimensionnel qui aidera à relever les défis actuels de COVID-19 et à faire face aux répercussions post-pandémiques. Il constitue une réponse directe pour améliorer l’accès à des services de santé durables et résistants, tout en assurant la protection des fondements économiques de l’Afrique.

Visant à couvrir l’écosystème qui serait affecté par la crise, le plan de réponse se concentrera principalement sur sept domaines thématiques : Prestation de services de santé ; ressources humaines pour la santé ; recherche et développement ; innovation et fabrication locale ; éducation et formation ; compétences et employabilité ; sécurité alimentaire et nutritionnelle ; et financement.

Quelle sera la durée du plan de réponse ?

Il est censé durer aussi longtemps que COVID-19 existe et ensuite trois ans après la pandémie. L’idée est de faire en sorte que, tant que cette crise durera, l’Afrique ait les moyens et les outils pour la combattre et, d’autre part, d’anticiper les grandes pertes économiques, ainsi que les leçons tirées pour un continent africain plus brillant.

Comment envisagez-vous de mettre en œuvre la réponse ?

Nous avons mis en place des équipes multidisciplinaires couvrant quatre dimensions essentielles : la collecte et l’analyse de données, l’innovation et le transfert de connaissances ; la mise en œuvre et le suivi de projets ayant un impact dans le cadre de la réponse à COVID-19 ; l’engagement du secteur privé, et la communication et le plaidoyer.

Nous devrons travailler avec nos États membres et nos communautés économiques régionales pour la mise en œuvre. Nous jouons essentiellement un rôle de facilitateur et de plateforme de transfert d’expertise et de technologie depuis et vers nos États membres avec l’aide de nos partenaires traditionnels tels que les institutions financières, le secteur privé et les fondations.

Dans l’immédiat, sur quels domaines allez-vous vous concentrer ?

Nous nous concentrons sur des domaines thématiques clés, notamment la prestation de services de santé, le renforcement des capacités des ressources humaines dans le secteur de la santé, la recherche, le développement et l’innovation pour améliorer la fabrication locale, les compétences et l’employabilité dans le domaine de l’éducation et de la formation, la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le financement.

Nos États membres ont dû faire face à des difficultés pour résoudre les problèmes de pénurie d’équipements sanitaires et médicaux vitaux, tandis que l’augmentation du confinement dans les pays a aggravé la situation. La forte prévalence de maladies endémiques telles que le VIH et le sida, la tuberculose, le paludisme, etc… met déjà à rude épreuve un nombre important de systèmes de santé en Afrique. C’est pourquoi, avec nos États membres, nous devons nous concentrer sur l’endiguement de la pandémie par des mesures préventives agressives. L’objectif ultime est de faciliter la construction de systèmes de santé publique fiables, fondés sur le principe de la responsabilité partagée et de la solidarité collective.

Un plan sur la production locale d’équipements médicaux ?

Alors que le monde est confronté à une grave crise d’approvisionnement, l’Afrique doit donner la priorité à la production d’équipements destinés aux marchés intérieurs. Nous avons mis en place une plateforme d’apprentissage en ligne, comprenant des modules de production et des licences libres, au profit des fabricants qui sont prêts à produire des équipements sanitaires vitaux.

Par ailleurs L’AUDA-NEPAD s’apprête à lancer une plateforme pour améliorer les respirateurs, les masques et les gels « Fabriqué en Afrique », rassemblant tous les producteurs et initiatives africains pour voir comment ils peuvent aider les pays, soit par la fourniture de matériel, soit par le transfert de technologie. Nous avons organisé un très bon webinaire le lundi 13 mars, qui a réuni plus de 450 participants issus d’entreprises pharmaceutiques du secteur privé, de décideurs politiques, de philanthropes et d’investisseurs potentiels, et qui était axé sur les meilleures conditions de production locale.

Quels sont vos projets post-COVID-19 ?

Tout d’abord, nous nous concentrons sur les réformes des systèmes alimentaires du continent en donnant la priorité aux chaînes de valeur régionales, à la santé et au bien-être des consommateurs, à la réduction du gaspillage alimentaire et à la promotion d’une culture d’utilisation durable de la nourriture.

Deuxièmement, l’accent mis sur le développement des compétences et l’emploi est l’occasion pour les gouvernements nationaux de réfléchir à la priorité à donner à l’esprit d’entreprise et à l’innovation.

Troisièmement, nous avons l’intention de mettre en œuvre une intervention visant à fournir un soutien technique aux pays afin d’atténuer les effets sociaux et économiques des fermetures d’écoles pendant la COVID-19.

Quatrièmement, nous accordons la priorité aux systèmes nationaux de planification et de données, c’est-à-dire que nous utilisons des données et des preuves solides pour planifier les programmes de développement et pour atténuer les crises futures imprévues telles que les épidémies et les catastrophes naturelles.

Enfin, nous espérons créer le premier système de référence, synthétisant les bonnes pratiques et les réponses, afin d’offrir aux pays africains les outils nécessaires pour répondre à cette pandémie, ainsi que pour anticiper les risques et les menaces futurs pour le secteur du tourisme.

Y a-t-il un soutien pour leurs pays les plus pauvres ?

Les pays les plus pauvres sont une priorité pour l’Union africaine et une grande partie de notre portefeuille de projets les concerne. C’est une question de solidarité. Nous devons soutenir les pays les plus pauvres si nous voulons atteindre les objectifs de l’intégration régionale.

Comment votre plan d’intervention s’aligne-t-il sur le Fonds anti-COVID-19 de l’UA et sur ceux des Nations unies ?

L’AUDA-NEPAD jouera son rôle naturel de plateforme d’interconnexion, d’interface technique entre les États membres et les partenaires de l’UA. N’oubliez pas que l’AUDA-NEPAD, en tant que partie de l’Union africaine, est également connecté au Fonds Anti-COVID-19 de l’UA. Je voudrais donc souligner l’importance d’avoir un plan de réponse collectif et d’unir nos efforts pour agir de concert dans cette lutte contre la pandémie. Le plan d’action AUDA-NEPAD pour la lutte contre la COVID-19 est basé sur les recherches et les initiatives de l’UA et de l’ONU.

De plus, ce sont les dirigeants de l’UA qui ont créé le Fonds Anti-COVID-19. Je pense que cet instrument concret permettra de relever les défis immédiats pour les pays les plus touchés, les pays les plus pauvres et d’apporter une aide directe aux plus vulnérables.

La Rédaction